Toucher du bois
MARCEL RAICHE EST UN HOMME D'AFFAIRES QUI S'IMPLIQUE, TANT DANS LE DOMAINE DU BOIS QUE DANS L'ENTREPRENEURIAT EN GÉNÉRAL. IL A FONDÉ BOIS MARON EN 1990 AVEC SON AMI, RON ARNOLD, SOUS L'INFLUENCE DE LEUR PASSION COMMUNE POUR LE BOIS...
Monsieur Raiche, pourquoi avoir choisi l'industrie du bois ?
Dès que l'on se met à comprendre le bois, on se passionne pour ce matériau. À la sortie de l'école (je suis diplômé de l'école de foresterie et de technologie du bois de Duchesnay), mon métier était « classificateur de bois francs ». En 1990, mon associé et moi avons commencé à servir nos propres clients, sept jours sur sept, à partir de notre sous-sol. Portes, armoires, bois de rampes, jouets, meubles, moulures, ou portes de garages, le bois est utilisé dans énormément de fonctions. Et afin de manufacturer leurs produits, nos clients ont souvent des besoins très précis. C'est donc un défi que nous avions envie de relever. À l'époque, nous avons choisi Saint-Eustache car il y avait déjà des séchoirs qui proposaient des ententes forfaitaires. Comme nous étions près, cela nous permettait aussi d'avoir un contrôle sur la qualité.

Comment effectuez-vous la gestion de votre carnet de commandes ?
De façon personnalisée. Chaque commande est traitée individuellement selon les besoins du client. Il faut savoir qu'aujourd'hui nous proposons quelque 50 essences de bois, locaux ou exotiques, que l'on blanchit sur deux ou quatre faces, sans aspérités. Pour avoir cette gamme, on fait affaires avec beaucoup de scieries. Nous avons environ 135 fournisseurs, du Nouveau-Brunswick à Toronto, en passant par les États-Unis, alors que 100 % de nos ventes se font au Québec et en Ontario. Mon associé est ontarien, ce qui permet de couvrir ce territoire. Le fait que les États-Unis soient en récession depuis quatre ans a évidemment affecté toute l'économie canadienne. Pas uniquement celle du bois... Mais grâce à des stratégies commerciales, nous avons réussi à passer à travers ce ralentissement. Aujourd'hui, on pense que l'économie canadienne recommence à être florissante.

L'innovation a-t-elle une place importante dans l'industrie du bois ?
Nous avons toujours essayé de suivre les innovations introduites de manières générales dans les entreprises... Je fais évidemment référence aux améliorations des systèmes informatiques, de manutention et de gestion. Ce n'est pas le bois qui oblige ces améliorations, mais le simple fait de faire rouler une entreprise. Que ce soit par nos chariots élévateurs, notre machinerie ou l'administration, le but est de faire le travail en moins de temps et de façon plus précise... En 1957, le meilleur camion roulait à 35 miles (56 km) à l'heure et avait une capacité de 5 tonnes (5000 kg). Il faisait un aller-retour à Trois-Rivières en une journée. En 1962, les scieries étaient très rudimentaires et ne fonctionnaient même pas à l'électricité. Aujourd'hui, les camions roulent à 120 kilomètres à l'heure avec 35 000 kg de chargement et deux ou trois hommes suffisent pour couper 50 000 pieds dans une scierie. On est bien obligé de suivre la technologie !

Quelles sont les certifications de votre entreprise ?
Nous sommes membres de différentes associations dont la National Hardwood Lumber Association (NHLA). Cela certifie que nos produits respectent des règles d'éthique dans le commerce du bois. Être membre de la NHLA signifie donc que nos produits remplissent plusieurs critères stricts liés au bois. Par exemple, il existe des règles pour le mesurage et l'inspection des bois durs, des codes pour la vente, etc. Il y a quatre inspecteurs de bois francs chez Bois Maron et ils se doivent de connaître toutes les règles applicables pour rester dans la NHLA. Malgré la compétition faite par la Chine, il continue de se fabriquer ici des produits de la plus grande qualité. Le bois que nous offrons a une épaisseur de ¾ de pouce. Contrairement au bois de qualité inférieure (¼ ou 1/8 de pouce), notre bois est fait pour notre climat, soit des maisons sèches en hiver, mais humides en été. Le bois d'ici peut être sablé pour pallier à l'usure normale. Au bout de la ligne, c'est plus avantageux !
MARCEL RAICHE
président

